Vous exercez sous le régime de la micro-entreprise, vous dirigez une EURL ou une SASU au seuil des microstructures, ou vous préparez la bascule de votre activité d'auto-entrepreneur vers une forme sociétaire, et une question récurrente s'invite dans vos recherches : existe-t-il réellement une exemption dépôt comptes micro, et qui peut en bénéficier concrètement en 2026 ? La confusion est fréquente, car plusieurs régimes cohabitent sous le mot micro. Le micro-entrepreneur personne physique n'est pas soumis à l'obligation de dépôt. En revanche, une SAS, une SARL, une EURL ou une SASU reste tenue au dépôt annuel au greffe du tribunal de commerce, même avec un chiffre d'affaires minime, sauf à activer un dispositif de confidentialité qui n'exonère pas de l'obligation.
Cette FAQ répond en profondeur à sept questions que les dirigeants de TPE-PME, auto-entrepreneurs en pleine bascule et investisseurs immobiliers en SCI nous posent chaque semaine. Vous y trouverez le cadre juridique applicable, les seuils réels issus du Code de commerce, les démarches pour sécuriser votre dossier annuel, et les pièges à éviter avant de signer vos statuts. L'objectif : vous permettre d'arbitrer sereinement entre statut micro, société soumise à l'obligation de dépôt et dispositif de confidentialité, avec les coûts réels sous les yeux. Comptez une lecture d'une quinzaine de minutes pour trancher.
Qu'est-ce que l'exemption dépôt comptes micro et qui est vraiment concerné ?
Le vocabulaire mérite une mise au point avant toute décision. Lorsque l'on parle d'exemption dépôt comptes micro, on désigne en réalité deux situations juridiquement distinctes qu'il ne faut pas confondre.
Le micro-entrepreneur personne physique : hors du champ du dépôt
Un auto-entrepreneur, également appelé micro-entrepreneur, exerce son activité en nom propre. Il n'y a pas de personne morale, pas de capital social, pas de statuts. L'article L. 232-21 du Code de commerce, qui impose le dépôt des comptes annuels au greffe, vise les sociétés commerciales. Un entrepreneur individuel au régime micro n'est donc pas soumis à cette obligation. Il déclare son chiffre d'affaires mensuellement ou trimestriellement à l'URSSAF, et ses revenus annuellement à l'administration fiscale, mais il ne dépose ni bilan ni compte de résultat au greffe. Cette absence d'obligation vient du statut lui-même, pas d'une exemption.
Les petites sociétés : une obligation maintenue, assortie d'un droit à la confidentialité
Pour une EURL, une SASU, une SARL ou une SAS, même avec un chiffre d'affaires modeste, l'obligation de dépôt subsiste. Ce que la loi autorise, pour les sociétés qui remplissent les critères de micro-entreprise au sens comptable ou de petite entreprise, c'est une déclaration de confidentialité ou une publication simplifiée. Les comptes sont déposés, mais ils ne sont pas rendus publics ou le sont partiellement. C'est un régime de protection, pas d'exonération. La nuance change tout : oublier le dépôt expose à sanction, même lorsque les comptes seraient confidentiels.
Pour comprendre finement les seuils applicables en 2026 et choisir la bonne forme juridique dès la constitution, nos ressources sur le blog création société et droit des sociétés détaillent chaque régime.
Quels sont les seuils 2026 pour la micro-entreprise et la petite entreprise au sens comptable ?
Les seuils applicables aux sociétés commerciales pour bénéficier du régime de confidentialité des comptes sont fixés par l'article D. 123-200 du Code de commerce. Ils reposent sur trois critères, dont deux au moins doivent être respectés à la clôture de l'exercice. Attention à ne pas confondre ces seuils comptables avec les plafonds du régime fiscal micro-entrepreneur, qui obéissent à une logique différente.
Seuils de la micro-entreprise au sens comptable
| Critère | Seuil |
|---|---|
| Total bilan | 450 000 € |
| Chiffre d'affaires net | 900 000 € |
| Effectif salarié moyen | 10 personnes |
Seuils de la petite entreprise au sens comptable
| Critère | Seuil |
|---|---|
| Total bilan | 7 500 000 € |
| Chiffre d'affaires net | 15 000 000 € |
| Effectif salarié moyen | 50 personnes |
Articulation avec le régime fiscal micro-entrepreneur
Le régime fiscal micro-entrepreneur, destiné aux personnes physiques, retient des plafonds de chiffre d'affaires fixés par l'article 50-0 du Code général des impôts, revalorisés tous les trois ans. Dépasser ces plafonds en tant qu'auto-entrepreneur conduit à une bascule vers le régime réel, puis fréquemment vers la constitution d'une société. Le passage en société réintroduit l'obligation de dépôt annuel. Si vous préparez ce basculement, vous pouvez demander un devis création société pour anticiper les démarches.
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Demander mon devis →Comment activer la déclaration de confidentialité des comptes annuels ?
Lorsque votre société entre dans la catégorie micro-entreprise ou petite entreprise au sens comptable, vous pouvez accompagner le dépôt annuel d'une déclaration de confidentialité. Cette option, prévue par les articles L. 232-25 et L. 232-26 du Code de commerce, fait que vos comptes ne seront pas communiqués aux tiers par le greffe, à l'exception de certaines administrations et autorités judiciaires.
Les trois étapes de la déclaration
La procédure se déroule au moment du dépôt annuel, et non en amont. Vous préparez vos comptes annuels classiques : bilan, compte de résultat et annexe. Vous joignez le procès-verbal d'approbation des comptes par l'assemblée générale ordinaire. Vous ajoutez enfin une déclaration de confidentialité signée par le représentant légal, qui atteste que la société remplit les critères d'une micro-entreprise ou d'une petite entreprise au sens comptable.
Portée différente selon la catégorie
- Pour une micro-entreprise au sens comptable, l'ensemble des comptes peut être rendu confidentiel.
- Pour une petite entreprise, seul le compte de résultat peut être rendu confidentiel, le bilan et l'annexe restant publics.
- Les sociétés contrôlant ou contrôlées par une autre société sont exclues du dispositif.
Ce que la confidentialité ne change pas
L'obligation de dépôt reste entière. Les délais, les pièces et les sanctions en cas de retard sont identiques. L'économie porte sur la visibilité des informations, pas sur la charge administrative. Pour externaliser la préparation annuelle, notre offre de dépôt des comptes annuels à 300 € TTC par an couvre la liasse, la déclaration de confidentialité quand elle est éligible et la transmission au greffe.
Quelles sanctions encourez-vous en cas de non-dépôt des comptes annuels ?
La croyance selon laquelle une société faisant peu de chiffre d'affaires pourrait négliger le dépôt sans conséquence est l'une des erreurs les plus coûteuses rencontrées en pratique. Les sanctions sont graduées, mais réelles.
Amende administrative
L'article R. 247-3 du Code de commerce prévoit une amende contraventionnelle de cinquième classe, pouvant atteindre 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale, en cas de défaut de dépôt des comptes annuels. Cette amende peut être prononcée exercice après exercice, ce qui rend l'addition rapidement lourde pour un dirigeant qui laisse filer plusieurs clôtures.
Injonction du président du tribunal de commerce
Au-delà de l'amende, tout intéressé — associé minoritaire, créancier, administration — peut saisir le président du tribunal de commerce aux fins d'injonction sous astreinte, en application de l'article L. 611-2 du Code de commerce. Le dirigeant est alors contraint de régulariser dans un délai imparti, avec astreinte journalière à défaut.
Signal défavorable aux partenaires financiers
Le non-dépôt est visible publiquement via les plateformes de données économiques. Un banquier, un fournisseur ou un bailleur commercial qui consulte votre dossier verra l'absence de comptes publiés. Ce signal pèse sur l'octroi de crédit, les conditions fournisseurs et les baux commerciaux. Une société qui a sollicité la confidentialité, elle, apparaît comme à jour de ses obligations, ce qui préserve sa crédibilité.
Responsabilité du dirigeant
Le dirigeant qui ne dépose pas les comptes engage sa responsabilité civile, voire pénale dans les sociétés qui font appel public à l'épargne. Dans une procédure collective ultérieure, le défaut de dépôt est un indice retenu par les juges pour caractériser une faute de gestion.
Micro-entreprise ou société : quand bascule-t-on dans l'obligation de dépôt ?
Le signal du basculement n'est pas unique. Plusieurs faits générateurs conduisent un auto-entrepreneur à passer en société et à entrer, à ce titre, dans le périmètre de l'obligation de dépôt annuel.
Dépassement des plafonds micro
Le dépassement, sur deux années civiles consécutives, des plafonds de l'article 50-0 du CGI contraint à la sortie du régime micro-entrepreneur. La bascule en société, souvent une SASU ou une EURL, s'impose alors fréquemment pour des raisons de protection patrimoniale et d'optimisation sociale et fiscale.
Besoin de protection patrimoniale
Dès lors que l'activité comporte un risque, un apport en numéraire conséquent ou un investissement locatif, la constitution d'une société permet de séparer patrimoines personnel et professionnel. Une SCI familiale pour détenir un bien, une SASU pour une activité de prestation à fort chiffre d'affaires, une holding patrimoniale pour organiser plusieurs participations : chaque forme crée une personne morale soumise au dépôt.
Entrée d'un associé ou d'un investisseur
L'arrivée d'un tiers au capital transforme la logique. Le régime micro-entrepreneur est individuel par nature ; dès que l'on partage le capital, on constitue une société. Pour cette étape, notre offre de création de société à 990 € HT couvre la rédaction des statuts, l'immatriculation au RCS et l'obtention du Kbis.
Comparatif des conséquences administratives
| Situation | Dépôt des comptes | Comptabilité |
|---|---|---|
| Micro-entrepreneur | Non | Livre des recettes |
| SASU ou EURL éligible confidentialité | Oui, confidentialité possible | Comptabilité commerciale complète |
| SAS ou SARL dépassant les seuils | Oui, publication intégrale | Comptabilité commerciale complète |
| SCI à l'IS | Oui | Comptabilité d'engagement |
Quels coûts prévoir pour sécuriser votre obligation annuelle ?
Comprendre le poste de dépense permet d'arbitrer sereinement entre internalisation, cabinet en ligne et expert-comptable traditionnel. Les ordres de grandeur ci-dessous sont indicatifs et dépendent de la complexité du dossier.
Les frais incompressibles au greffe
Le greffe du tribunal de commerce facture le dépôt des comptes annuels dans une fourchette comprise, selon les tarifs réglementés, entre 40 et 100 € par dépôt. Cette dépense est due chaque année, quelle que soit la forme juridique de la société et quel que soit le prestataire retenu pour la préparation.
Les honoraires de préparation
- Expert-comptable traditionnel : les honoraires annuels se situent couramment entre 1 500 et 3 000 € selon la taille et le niveau de conseil, incluant la tenue courante et la préparation du bilan.
- Cabinet en ligne généraliste : les offres de dépôt seul oscillent entre 200 et 700 € selon le prestataire et le volume de pièces.
- Offre dédiée Partenaires Patrimoine : notre forfait annuel de dépôt des comptes au greffe est fixé à 300 € TTC par an, hors frais de greffe refacturés au réel.
Les coûts cachés à anticiper
Le dépôt tardif entraîne des pénalités de la part de certains greffes, qui s'ajoutent à l'amende contraventionnelle vue plus haut. L'oubli de la publication au JAL dans les cas où elle demeure requise, par exemple pour certaines modifications statutaires concomitantes, engendre une seconde ligne de 140 à 200 €. Pour un comparatif des solutions patrimoniales adjacentes, vous pouvez consulter le service patrimonial pour particuliers.
Erreurs courantes et pièges juridiques à éviter
Les dossiers que nous reprenons chaque année font remonter les mêmes points de rupture. Voici les sept pièges les plus fréquents, à mettre sous surveillance dès la clôture de votre exercice.
1. Confondre statut fiscal et statut comptable
Un dirigeant croit que sa SASU, parce qu'elle réalise un chiffre d'affaires inférieur au plafond fiscal micro-entrepreneur, serait exemptée de dépôt. L'exemption dépôt comptes micro ne vise que la personne physique en micro-entreprise, pas une société commerciale, aussi petite soit-elle.
2. Oublier la déclaration de confidentialité au moment du dépôt
La confidentialité n'est pas automatique. Si vous ne joignez pas la déclaration signée au moment du dépôt, les comptes deviennent publics. Il n'y a pas de rattrapage simple après coup.
3. Dépasser le délai de six mois sans réaction
L'approbation des comptes doit intervenir dans les six mois suivant la clôture, le dépôt au greffe dans le mois qui suit l'approbation. Dépasser ces délais ouvre la voie à l'injonction judiciaire.
4. Négliger les comptes d'une SCI à l'IS
Une SCI qui a opté pour l'impôt sur les sociétés est soumise à l'obligation de dépôt, contrairement à la SCI à l'IR. Beaucoup d'associés familiaux l'ignorent.
5. Croire que l'absence d'activité dispense de dépôt
Une société en sommeil ou sans chiffre d'affaires doit tout de même déposer des comptes, même à zéro. Le défaut est sanctionné comme pour une société active.
6. Confondre dépôt des comptes et déclaration fiscale
La liasse fiscale transmise au service des impôts ne vaut pas dépôt au greffe. Ce sont deux procédures distinctes, aux destinataires distincts.
7. Tenter d'optimiser par la non-publication
Toute tentative de dissimulation volontaire des comptes, hors cadre légal de la confidentialité, peut être qualifiée d'abus et retenue contre le dirigeant en cas de procédure collective. Pour un montage sécurisé, référez-vous aux ressources de Partenaires Patrimoine pour les entreprises.
L'exemption dépôt comptes micro au sens strict n'existe que pour le micro-entrepreneur personne physique. Dès qu'une société est constituée, l'obligation annuelle de dépôt au greffe s'applique, avec un dispositif de confidentialité pour les plus petites structures. Trois actions prioritaires s'imposent cette année pour sécuriser votre position.
Premièrement, cartographier votre statut réel : auto-entrepreneur, EURL, SASU, SARL ou SCI, chacun porte des obligations distinctes qu'il faut documenter noir sur blanc. Deuxièmement, vérifier si votre société remplit les critères de micro-entreprise ou de petite entreprise au sens comptable, et préparer la déclaration de confidentialité associée au prochain dépôt. Troisièmement, verrouiller un calendrier d'approbation et de dépôt avec un prestataire fiable, pour écarter tout risque d'amende ou d'injonction. Un accompagnement dédié transforme cette obligation en formalité maîtrisée et budgétée.
Cet article a une vocation informative. Pour un montage juridique adapté à votre situation, consultez un expert qualifié.